Visite de reprise : la formalité qui s’allège… mais ne disparaît pas

Le saviez-vous ?

Un salarié revient après trois mois d’arrêt. Jusqu’ici, le réflexe était simple : vous deviez organiser une visite de reprise auprès de la médecine du travail. Depuis le 15 juin 2026, ce n’est plus toujours nécessaire — et c’est une bonne nouvelle, à condition de savoir quand vous y avez droit… et quand la visite reste obligatoire.

Ce qui change le 15 juin 2026

Un décret (n° 2026-503 du 12 juin 2026) modifie les règles pour les arrêts délivrés à compter du 15 juin 2026. Deux nouveautés :

1. Vous êtes informé de la visite de préreprise. La préreprise, c’est le rendez-vous que le salarié peut avoir avec le médecin du travail pendant son arrêt, pour préparer son retour. Désormais, vous en êtes informé — sauf si le salarié s’y oppose (son droit, au nom du secret médical).

2. La visite de reprise peut « sauter ». Elle n’est plus exigée si trois conditions sont réunies en même temps :

– la visite de préreprise a eu lieu dans les 30 jours précédant le retour ;

– le médecin du travail n’a préconisé aucune restriction, aucun aménagement de poste ni d’horaires ;

personne — ni vous, ni le salarié, ni le médecin — n’a demandé à maintenir la visite de reprise.

Si ces trois cases sont cochées, le retour se fait sans visite de reprise. Une formalité de moins.

Le piège : « allégé » ne veut pas dire « supprimé »

D’abord, un repère utile : la visite de reprise ne concerne pas tous les retours. Elle est obligatoire dans quatre cas — après un congé de maternité, après une maladie professionnelle (quelle que soit sa durée), après un arrêt d’au moins 30 jours pour accident du travail, ou d’au moins 60 jours pour une maladie ou un accident non professionnel.

Quand elle est due, la dispense ne joue que si les trois conditions ci-dessus sont réunies. Dès qu’une seule manque — un simple aménagement de poste préconisé, par exemple —, vous devez organiser la visite de reprise, dans les 8 jours suivant le retour.

Le décret n’a donc pas supprimé la visite de reprise : il a créé une dispense encadrée. Et c’est important, car c’est cette visite qui met fin à la suspension du contrat, et c’est là que le médecin du travail se prononce sur l’aptitude du salarié à reprendre son poste. Faire l’impasse sur une reprise qui restait obligatoire, c’est un manquement qui peut se retourner contre vous.

Ce que ça change concrètement pour vous

Vous anticipez mieux. Être informé de la préreprise vous permet de préparer le retour (aménagements éventuels) au lieu de le découvrir le jour J. – Vous gagnez parfois une formalité — mais seulement si les trois conditions de dispense sont réunies. Dans le doute, organisez la visite de reprise : la sécurité juridique vaut mieux qu’un raccourci. – Tenez votre suivi à jour. La règle ne s’applique qu’aux arrêts délivrés à partir du 15 juin 2026 ; les arrêts commencés avant restent sous l’ancien régime.

Ce qu’il faut retenir

– Depuis le 15 juin 2026, vous êtes informé de la visite de préreprise (sauf opposition du salarié).

– La visite de reprise est dispensée si 3 conditions cumulatives : préreprise ≤ 30 jours avant le retour, aucun aménagement préconisé, aucune demande de maintien.

– Sinon, elle reste obligatoire (dans les 8 jours du retour) — et l’oublier quand elle s’impose vous expose.

⚖️ Le quiz en pratique

La situation : votre salarié revient le 1er octobre après 70 jours d’arrêt pour une maladie non professionnelle. Il a vu le médecin du travail en préreprise mi-septembre, qui a recommandé un mi-temps thérapeutique au retour. Vous vous dites : « préreprise faite, donc pas besoin de visite de reprise ». Avez-vous raison ?

Réponse : non. La dispense suppose qu’aucun aménagement n’ait été préconisé. Ici, le médecin a recommandé un mi-temps thérapeutique : une des trois conditions n’est pas remplie. La visite de reprise reste donc obligatoire — à organiser dans les 8 jours du retour. La dispense ne joue que lorsque le salarié revient sans aucune restriction.


Qui a dit que le droit social était facile à comprendre ?

Cet article propose une information générale, à jour à sa date de publication. Il ne constitue pas une consultation juridique : chaque situation étant particulière, rapprochez-vous d’un professionnel du droit avant toute décision.

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