Au-delà des entretiens de parcours « classiques » (tous les 4 ans), la loi impose deux rendez-vous spécifiques liés à l’âge et à l’avancée dans la carrière : l’entretien de mi-carrière et l’entretien de fin de carrière. Ils visent un même objectif — anticiper l’usure et préparer la seconde partie de vie professionnelle — et ils comptent, eux aussi, dans le bilan des 8 ans. Les oublier, c’est prendre un risque inutile. Voici quand et comment les organiser.
Sommaire
L’entretien de mi-carrière : vers 45 ans, dans le sillage de la visite médicale
L’entretien de mi-carrière n’a pas d’âge « fixe » : il est arrimé à la visite médicale de mi-carrière prévue par le Code du travail (article L.4624-2-2), organisée par le service de prévention et de santé au travail. Cette visite a lieu en principe l’année du 45ᵉ anniversaire du salarié — mais un accord de branche peut retenir un autre âge (parfois plus tôt dans les secteurs à forte pénibilité). Retenez donc « autour de 45 ans » comme repère, pas comme règle gravée.
Une fois cette visite passée, vous disposez d’un délai court pour organiser l’entretien : deux mois. L’idée est de faire le lien entre l’état de santé au travail et l’avenir professionnel, tant que le sujet est « chaud ».
Point important : cet entretien s’impose à tous les employeurs, sans condition d’effectif. Contrairement à l’abondement de 3 000 € (réservé aux entreprises de 50 salariés et plus), l’obligation d’organiser l’entretien de mi-carrière ne dépend pas de la taille de l’entreprise.
Ce que l’entretien de mi-carrière doit aborder
Au-delà des thèmes habituels du parcours (compétences, formation, souhaits d’évolution), l’entretien de mi-carrière ajoute des sujets propres à la seconde partie de carrière :
- la prévention de l’usure professionnelle — anticiper la pénibilité, la fatigue, les risques d’un poste tenu longtemps ;
- l’adaptation et l’aménagement du poste de travail ;
- les besoins de formation pour la suite du parcours ;
- les souhaits de mobilité interne ou de reconversion.
C’est un entretien tourné vers l’anticipation : mieux vaut ajuster un poste à 45 ans que gérer une inaptitude à 58. Pour l’employeur, c’est aussi un outil de fidélisation des salariés expérimentés.
L’entretien de fin de carrière : dans les deux ans avant 60 ans
Second rendez-vous spécifique : l’entretien de fin de carrière (c’est le terme employé par la loi et le ministère ; on parle aussi d’entretien de « fin de parcours »). Il ne s’agit pas d’un entretien « en plus » fixé au hasard : c’est le premier entretien de parcours qui tombe dans les deux années précédant le 60ᵉ anniversaire du salarié — cet entretien-là doit alors traiter les sujets de fin de carrière.
Son objet : préparer, avec le salarié, la dernière ligne droite de la carrière. On y aborde notamment :
- le maintien dans l’emploi et les conditions pour finir sereinement ;
- le passage à temps partiel éventuel ;
- la retraite progressive (travailler à temps réduit tout en liquidant une partie de sa pension) ;
- les aménagements de poste ou d’organisation adaptés à cette période.
Bien mené, cet entretien évite les fins de carrière subies et sécurise la transmission des compétences avant un départ.
Pourquoi ces deux entretiens comptent double pour l’employeur
Ces rendez-vous ne sont pas de simples formalités « RH ». Ils entrent dans le décompte du suivi vérifié lors de l’état des lieux à 8 ans. Attention à la nuance, importante : l’abondement correctif de 3 000 € (entreprises de 50 salariés et plus) suppose deux conditions cumulatives — pas d’entretiens ET aucune formation non obligatoire sur 8 ans. Un entretien oublié ne déclenche donc pas, à lui seul, la pénalité ; mais un salarié ni reçu, ni formé s’en rapproche dangereusement. Le détail du risque est ici → l’état des lieux à 8 ans et l’abondement.
Le bon réflexe : intégrer ces deux entretiens à votre calendrier RH, au même titre que les entretiens de parcours, et les formaliser par écrit (copie remise au salarié). Le rythme d’ensemble est rappelé dans notre article socle → ce qui change en 2026.
En bref
- Mi-carrière ? Vers 45 ans, déclenché par la visite médicale de mi-carrière (L.4624-2-2) ; à organiser dans les 2 mois qui suivent. Obligatoire quel que soit l’effectif.
- Ses thèmes ? Prévention de l’usure professionnelle, adaptation du poste, formation, mobilité/reconversion.
- Fin de carrière ? Le premier entretien de parcours tombant dans les 2 ans avant le 60ᵉ anniversaire : maintien en emploi, temps partiel, retraite progressive, aménagements.
- L’enjeu employeur ? Ces entretiens comptent dans le bilan des 8 ans : les oublier rapproche du risque d’abondement de 3 000 €.
- Le bon réflexe ? Les inscrire au calendrier RH et les tracer par écrit.
Information générale à destination des employeurs : ce décryptage ne remplace pas un conseil juridique personnalisé. Les règles peuvent varier selon votre convention collective et votre effectif.
Sources : LOI n° 2025-989 du 24 octobre 2025 ; Code du travail — entretiens de mi-carrière et de fin de carrière (L.6315-1), visite médicale de mi-carrière (L.4624-2-2), abondement correctif (L.6323-13) ; questions-réponses du ministère du Travail.
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