L’entretien de parcours professionnel ne vit pas seul. Autour de lui gravitent d’autres rendez-vous obligatoires — ou simplement possibles — que beaucoup d’employeurs mélangent : l’entretien de retour d’absence, l’entretien annuel du forfait jours, le rendez-vous de liaison pendant un arrêt maladie. Chacun a son déclencheur, son objet et son niveau de contrainte. Les confondre, c’est risquer d’en oublier un. Voici la carte claire.
Sommaire
1. L’entretien de retour d’absence : une obligation qui fait partie du parcours
C’est le plus souvent oublié — et c’est pourtant une obligation. À l’issue de certaines absences, vous devez proposer au salarié un entretien de parcours professionnel. Il ne s’agit pas d’un entretien « à part » : c’est le même entretien de parcours, qu’on appelle ici l’entretien de retour d’absence, déclenché par le retour.
Une précision qui change la charge de travail RH : depuis la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025, cette proposition n’est due que si le salarié n’a bénéficié d’aucun entretien au cours des 12 mois précédant sa reprise. Autrement dit, si vous l’avez déjà reçu récemment, vous n’avez pas à en reproposer un mécaniquement.
Les situations concernées, listées par le Code du travail, sont notamment le retour de :
- congé de maternité, congé d’adoption ou congé de naissance ;
- congé parental d’éducation (total ou partiel) et période d’activité à temps partiel qui lui fait suite ;
- congé de proche aidant ;
- congé sabbatique ;
- période de mobilité volontaire sécurisée ;
- arrêt longue maladie ;
- mandat syndical.
Deux points pratiques. D’abord, l’entretien peut, à la demande du salarié, avoir lieu avant la reprise effective du poste. Ensuite, l’obligation porte sur la proposition de l’entretien : formalisez-la par écrit, c’est votre preuve. Le salarié qui reprend après un congé de proche aidant, par exemple, relève à la fois de cette obligation et de notre dossier « salariés aidants » → Salariés aidants.
2. L’entretien du forfait jours : annuel et distinct
Si vous employez des salariés en forfait annuel en jours (cadres autonomes, notamment), vous êtes tenu d’organiser avec eux un entretien spécifique, au moins une fois par an. Son objet n’a rien à voir avec le parcours ou l’évaluation : il porte sur la charge de travail, l’organisation du travail dans l’entreprise, l’articulation entre vie professionnelle et vie personnelle, et la rémunération.
C’est un entretien de sécurité juridique majeure : l’absence de suivi effectif de la charge de travail peut fragiliser la convention de forfait elle-même. Ne le fusionnez pas avec l’entretien de parcours : les objets sont différents, et un juge attend une trace propre du suivi de la charge. Prévoyez un support dédié.
3. Le rendez-vous de liaison : possible, pas obligatoire
Pendant un arrêt de travail de plus de 30 jours, la loi a créé le rendez-vous de liaison entre le salarié et l’employeur, associant le service de prévention et de santé au travail. Son but : maintenir le lien et informer le salarié qu’il peut bénéficier d’actions de prévention de la désinsertion professionnelle, d’un examen de préreprise ou de mesures d’aménagement à son retour.
Attention à ne pas le sur-interpréter : ce rendez-vous n’est pas obligatoire au sens où vous ne pouvez pas l’imposer. Il se tient à l’initiative du salarié ou de l’employeur, mais le salarié peut le refuser sans conséquence. Ce n’est ni un entretien d’évaluation, ni un contrôle — et il ne se substitue pas à la visite médicale de reprise. Votre rôle : informer le salarié de cette possibilité, sans pression.
Comment ne rien oublier : la règle des trois questions
Pour chaque situation, posez-vous trois questions simples :
- Quel déclencheur ? Un retour de congé → entretien de parcours à proposer. Un salarié au forfait jours → entretien annuel. Un arrêt qui dure → information sur le rendez-vous de liaison.
- Obligatoire ou possible ? Retour d’absence et forfait jours = obligatoires. Rendez-vous de liaison = possible (le salarié peut refuser).
- Quelle trace ? Toujours un écrit : proposition d’entretien, compte rendu du forfait jours, information sur le rendez-vous de liaison.
Cette rigueur documentaire est exactement ce qui vous protège lors de l’état des lieux à 8 ans → l’état des lieux et l’abondement de 3 000 €, et plus largement en cas de litige. Le calendrier d’ensemble est rappelé dans notre article socle → ce qui change en 2026.
En bref
- Entretien de retour d’absence ? Entretien de parcours à proposer après maternité, adoption, naissance, congé parental (et temps partiel qui suit), proche aidant, sabbatique, mobilité sécurisée, longue maladie, mandat syndical — sauf si un entretien a déjà eu lieu dans les 12 mois précédant la reprise. Possible avant la reprise, à la demande du salarié.
- Forfait jours ? Entretien annuel obligatoire sur la charge de travail, l’organisation, l’articulation vie pro/perso et la rémunération. Support distinct.
- Rendez-vous de liaison ? Pendant un arrêt de plus de 30 jours : possible, pas imposable ; le salarié peut refuser sans conséquence. Vous devez l’informer de cette possibilité.
- La règle d’or ? Un écrit pour chaque : proposition, compte rendu, information.
Information générale à destination des employeurs : ce décryptage ne remplace pas un conseil juridique personnalisé. Les règles peuvent varier selon votre convention collective et votre effectif.
Sources : Code du travail — entretien de parcours à l’issue de certains congés (L.6315-1), entretien du forfait annuel en jours (L.3121-64, L.3121-65), rendez-vous de liaison (L.1226-1-3) et durée déclenchante de 30 jours (D.1226-8-1) ; LOI n° 2025-989 du 24 octobre 2025.
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