
La rentrée, ce n’est pas remettre des affiches à jour. C’est retrouver une vision claire de son équipe et des obligations sociales de l’entreprise avant que la reprise ne s’emballe. Voici un audit en 12 points — pas la liste que tout le monde recycle, celle qui évite les mauvaises surprises.
Le saviez-vous ?
Une visite de reprise oubliée, une déclaration d’embauche envoyée trop tard, un entretien jamais tenu : chacun de ces petits oublis engage votre responsabilité, et se paie souvent à la rentrée, quand tout redémarre en même temps.
La bonne nouvelle : il ne s’agit pas de tout connaître par cœur, mais de reprendre la main, point par point. Le fil conducteur, pour chaque ligne : seriez-vous capable de l’expliquer si on vous posait la question ? Voici les douze points à passer en revue.
1. Faire la photographie exacte de l’équipe
Qui est présent, absent, en congé, en arrêt, en formation, en préavis, ou attendu prochainement ? L’objectif est d’obtenir un tableau unique : chaque salarié, son statut, ses prochaines échéances. On ne pilote bien que ce que l’on voit clairement.
2. Reprendre les dossiers des dernières embauches
Pour chaque recrutement récent : déclaration préalable à l’embauche (DPAE), inscription au registre unique du personnel, contrat (ou informations écrites obligatoires), affiliation à la mutuelle, documents remis, suivi de santé au travail. Le rappel qui sauve : la DPAE doit partir avant la prise de fonction, au plus tôt dans les 8 jours précédant l’embauche.
3. Lister toutes les fins de contrat et de période d’essai
Repérez les dates de fin de CDD, de période d’essai, d’apprentissage, de mise à disposition, ou de titre autorisant le travail. Offrez-vous un système d’alerte simple — J-30, J-15, J-7 — pour ne jamais être pris de court.
4. Contrôler les classifications et les rémunérations
Le poste réellement occupé correspond-il à la classification figurant sur le bulletin de paie ? Le salaire respecte-t-il à la fois le SMIC et le minimum conventionnel ? Les primes (ancienneté, vacances, liées au poste) ont-elles été prises en compte ? Les accords de branche font évoluer minima, classifications et certaines primes : vérifiez la version applicable.
5. Faire le point sur les congés et les absences à venir
Congés pris, soldes restants, demandes en attente, absences prévues, continuité de l’activité. Attention au faux ami : un solde affiché dans le logiciel ne suffit pas. Vérifiez aussi ce qui a réellement été transmis à la paie et l’organisation concrète de l’équipe.
6. Comparer les horaires prévus avec les heures réellement effectuées
Heures supplémentaires ou complémentaires, récupérations, repos, changements de planning, anomalies récurrentes. La question centrale : seriez-vous capable d’expliquer comment les heures de chaque salarié ont été comptées ? Si la réponse hésite, c’est le premier chantier.
7. Sécuriser les retours après une absence longue
Identifiez les salariés qui reprennent après une maladie, un accident, un congé maternité. Une visite de reprise ou un aménagement doit-il être organisé ? Quand elle est obligatoire, cette visite est à l’initiative de l’employeur, dans les 8 jours suivant la reprise — à partir de 30 jours d’arrêt pour un accident du travail, de 60 jours pour une maladie non professionnelle, et sans condition de durée après une maternité ou une maladie professionnelle.
8. Mettre à jour le DUERP et les actions de prévention
Nouveau matériel, nouvel aménagement, accident ou presque-accident, chaleur, surcharge, travail isolé, changement d’organisation : les risques ont-ils évolué ? Le document unique d’évaluation des risques est obligatoire dès le premier salarié et doit contenir l’évaluation des risques ainsi que les actions de prévention qui en découlent.
9. Vérifier les équipements, formations et habilitations nécessaires
Selon les métiers : équipements de protection, autorisations de conduite, habilitations, formations sécurité, consignes d’urgence, matériel de premiers secours. Ici, pas de liste universelle — les contrôles dépendent de vos risques et de vos postes.
10. Programmer les entretiens de parcours professionnel et les formations
Quels salariés devez-vous recevoir ? Quelles formations promises n’ont pas été engagées ? Depuis la loi du 24 octobre 2025, l’entretien professionnel devient l’« entretien de parcours professionnel » : il a lieu tous les 4 ans (au lieu de 2), avec un état des lieux récapitulatif tous les 8 ans. Il porte sur l’évolution, la formation, le CPF — à ne pas confondre avec l’entretien d’évaluation du travail.
11. Actualiser les informations obligatoires et le dialogue social
Coordonnées de l’inspection du travail, information sur les discriminations, convention collective tenue à disposition, registres à jour, éventuel CSE et conséquences d’un franchissement de seuil (11 salariés atteints pendant 12 mois consécutifs). Les obligations d’affichage ou de diffusion varient selon l’effectif.
12. Fiabiliser la paie, la DSN et l’accès aux dossiers du personnel
Vérifiez le calendrier de transmission (la DSN est mensuelle — échéance le 15 du mois pour une TPE), les anomalies signalées, les variables de paie, qui remplace le gestionnaire habituel en cas d’absence, et qui a le droit d’accéder aux dossiers : seules les personnes habilitées doivent pouvoir consulter les données du personnel.
Douze points, une même idée : à la rentrée, reprenez la main avant que les situations ne la prennent à votre place.
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