
Mis à jour le 5 septembre 2026.
Voici le dispositif le moins connu du salarié aidant — et pourtant le seul où vous continuez à toucher votre salaire pendant votre absence. Le principe est simple et solidaire : un collègue renonce à des jours de repos qu’il n’utilise pas, et ces jours vous sont transférés pour vous permettre de vous absenter tout en restant payé. On vous explique comment ça marche.
📎 Pour aller plus loin : recevez le mémo du salarié aidant (vos droits + un modèle de courrier), gratuit, depuis notre dossier → Salariés aidants.
En bref : le don de jours de repos permet à un collègue de renoncer anonymement, et sans contrepartie, à des jours (RTT, 5ᵉ semaine de congés, récupération, compte épargne-temps — jamais les 4 premières semaines de congés payés) au profit d’un salarié qui aide un proche. Vous vous absentez en conservant votre salaire, et cette absence compte comme du temps de travail effectif. Le dispositif suppose l’accord de l’employeur ; certaines entreprises l’ont organisé par accord ou charte. Il se cumule avec le congé de proche aidant, qui reste un droit mais n’est pas rémunéré par l’entreprise.
Sommaire
Le principe : des jours donnés, un salaire maintenu
Un salarié de l’entreprise peut renoncer à une partie de ses jours de repos au profit d’un collègue qui aide un proche. Le don est anonyme, sans contrepartie, et suppose l’accord de l’employeur.
L’intérêt est décisif côté argent : contrairement au congé de proche aidant (non rémunéré par l’entreprise), les jours qui vous sont donnés vous permettent de vous absenter en conservant votre rémunération. Et cette absence est assimilée à du temps de travail effectif : elle ne vous fait perdre ni ancienneté, ni droits liés à votre présence.
Qui peut vous donner des jours, et lesquels ?
N’importe quel collègue de l’entreprise peut faire un don. En revanche, tous les jours ne sont pas « cessibles ». Peuvent être donnés :
- les jours de RTT ;
- la 5ᵉ semaine de congés payés (au-delà des 4 premières) ;
- les jours de récupération non pris ;
- les jours placés sur un compte épargne-temps (CET).
En clair : les 4 premières semaines de congés payés ne peuvent jamais être données — ce socle est protégé. Le donneur ne peut céder que ce qui va au-delà.
Qui peut en bénéficier ?
Vous devez aider de manière régulière et fréquente une personne :
- en situation de handicap (taux d’incapacité d’au moins 80 %), ou
- âgée en perte d’autonomie.
Le lien avec la personne aidée est large : conjoint, partenaire de PACS, concubin, ascendant, descendant, mais aussi collatéral (frère, sœur…) jusqu’à un certain degré, ou une personne avec laquelle vous entretenez des liens étroits et stables. On vous demandera des justificatifs attestant de cette aide et de la situation du proche — mais, comme toujours, pas le détail médical.
Comment ça se met en place ?
Dans les faits, le don passe par l’employeur, qui organise et valide le transfert. Certaines entreprises ont formalisé le dispositif dans un accord collectif ou une charte : campagnes de don, « fonds de solidarité » de jours, procédure claire. Si c’est votre cas, tout est plus simple.
S’il n’existe rien de formalisé, rien n’empêche d’en parler aux RH : le don de jours repose sur le Code du travail et ne nécessite pas d’accord préalable pour exister. La façon d’aborder le sujet avec l’employeur est détaillée dans notre article dédié → en parler à son employeur.
Don de jours ou congé de proche aidant : que choisir ?
Les deux ne s’opposent pas, ils se complètent. Le don de jours a un atout majeur — vous restez payé — mais il dépend de la solidarité de vos collègues et de l’organisation de l’entreprise : il n’est pas garanti. Le congé de proche aidant, lui, est un droit que l’employeur ne peut pas refuser, mais il n’est pas rémunéré par l’entreprise (l’AJPA peut prendre le relais). Beaucoup d’aidants combinent les deux selon les périodes. Pour comparer : → le congé de proche aidant et → l’AJPA. Ce volet fait partie de notre dossier complet → Salariés aidants.
Vos questions fréquentes
Qu’est-ce que le don de jours de repos ?
Un salarié renonce anonymement et sans contrepartie à une partie de ses jours de repos au profit d’un collègue qui aide un proche. Le bénéficiaire s’absente en conservant sa rémunération. Le don suppose l’accord de l’employeur (Code du travail, art. L.3142-25-1).
Quels jours peuvent être donnés ?
Les RTT, la 5ᵉ semaine de congés payés (au-delà des 4 premières), les jours de récupération non pris et les jours placés sur un compte épargne-temps. Les 4 premières semaines de congés payés ne peuvent jamais être données : ce socle est protégé.
Qui peut bénéficier d’un don de jours ?
Un salarié qui aide de manière régulière une personne en situation de handicap (taux d’incapacité d’au moins 80 %) ou âgée en perte d’autonomie. Le lien peut être un conjoint, un parent, un enfant, un frère ou une sœur, ou une personne avec laquelle vous entretenez des liens étroits et stables.
Est-on payé pendant une absence financée par un don de jours ?
Oui. Contrairement au congé de proche aidant, non rémunéré par l’entreprise, les jours donnés permettent de s’absenter en conservant sa rémunération. L’absence est assimilée à du temps de travail effectif : elle ne fait perdre ni ancienneté ni droits liés à la présence.
Don de jours ou congé de proche aidant : que choisir ?
Les deux se complètent. Le don de jours vous garde payé mais dépend de la solidarité des collègues et de l’organisation de l’entreprise. Le congé de proche aidant est un droit que l’employeur ne peut refuser, mais il n’est pas rémunéré (l’AJPA peut prendre le relais). Beaucoup d’aidants combinent les deux.
Comment cet article a été vérifié
Textes vérifiés sur Légifrance au 5 septembre 2026 : Code du travail, art. L.3142-25-1 (don de jours de repos à un proche aidant — renoncement anonyme et sans contrepartie, maintien de la rémunération, période assimilée à du travail effectif) ; art. L.3142-16 et suivants (congé de proche aidant). Article relu juridiquement avant publication. Notre méthode
Information générale : ce décryptage ne remplace pas un conseil personnalisé. Les règles peuvent varier selon votre convention collective et votre situation.
Sources : Code du travail — don de jours au proche aidant (L.3142-25-1), mécanisme du don (L.1225-65-1 et L.1225-65-2, loi « Mathys ») ; service-public.fr (fiche F36523).
Cet article vous a été utile ?
📬 UN E-MAIL PAR NUMÉRO, PAS DAVANTAGE
Le droit social bouge chaque mois. Décryptages, éclairages, points de vue, planches BD, dossiers : recevez le prochain numéro dès sa parution.
Gratuit. Désinscription en un clic. Voir notre politique de confidentialité.